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Séminaire en mouvement
du 12 au 14 Juillet 2009
Le groupe se compose de :
Catherine Contour : artiste/exploratrice en danse et arts visuels ; Delphine Desyeux, artiste chorégraphique ; Marion Baë : artiste chorégraphique ; Mathias Poisson :plasticien, performeur et dessinateur ; Rachel Benitah: artiste chorégraphique ; Véronique Albert: artiste chorégraphique/chercheur ; Jean-Paul Thibeau: artiste intermédia /enseignant ; Joelle Vellet: enseignante /chercheur ; Marie-Claire Gelly Aubaret: directrice d’établissements d’enseignements artistiques, Pascale Parouty : chargée de mission culturelle et artistique.
le 13/7/09
Ce séminaire en mouvement est différent des deux précédents, dans la mesure où il est relié au projet d’expérimentation sur le terrain de Lamelouze. Il en est la première étape. Les deux premiers séminaires en mouvement ont eu lieu dans un studio. Des questionnements précis y ont été abordés:
- en avril 2006, Expérimenter. Quels sont les enjeux d’un espace expérimental pour la création artistique ? Comment transmettre à un public et rendre lisible ces moments de recherche ?
- en avril 2007, Quelles forces d’action puise-t-on dans nos utopies pour engager l’expérimentation ?
L’objectif principal de celui-ci est de recueillir les impressions immédiates suscitées par le terrain, les intentions de recherche qu’inspire le terrain. Laisser parler ses sensations, laisser surgir les états de corps et d’être. Echanger, partager, imaginer.
Avant d’aller sur le terrain, la première étape du séminaire a lieu dans le studio de danse mis à disposition par la communauté de communes du Pays Grand Combien. Après un échange sur l’actualité de Sentiers et les objectifs du séminaire, la mise en mouvement est engagée à partir des propositions de Catherine Contour et Mathias Poisson, qui pourront être relayées par d’autres personnes. Ce passage de relais entre les membres du collectif est une des caractéristiques du processus d’expérimentation de Sentiers. Il est mis en jeu dans chacune des activités depuis 2004.
Proposition de Catherine Contour : série de mouvements Qi kong, atelier d’auto hypnose s’appuyant sur des souvenirs de paysage, de lieu.
Proposition de Mathias Poisson : dans le studio, marcher lentement, et s’imaginer se promenant dans la nature. Tout en marchant on se rapproche du sol, on se dépose sur le sol, on se baigne dans la rivière ; ensuite, progressivement on se met debout, on reprend la marche.
Après ce temps de mise en mouvement, Mathias dit à haute voix l’enregistrement de l’écriture sonore qu’il a réalisée le matin même sur le terrain (description du paysage sur le chemin allant de l’église à la plateforme rocheuse au dessus du Galeizon).
Proposition de Marion Baë : Eveil du toucher, relié au BMC (Body-Mind Centering).
Etre deux par deux pour ressentir la manière de toucher, l’un touche l’autre :
en donnant du poids, toucher avec la gravité ( ce toucher est relié au sang),
en donnant de l’espace dans le toucher entre les deux peaux, toucher avec légèreté (ce toucher est relié au liquide céphalo-rachidien). Echange de rôle afin que chacun traverse l’expérience.
Premier rendez- vous avec le terrain sur cette page
A 20h 30, promenade sur le chemin : du terrain de l’ancienne église à la plateforme rocheuse au dessus du Galeizon : découverte pour certains, nouvelle découverte à la tombée de la nuit pour d’autres. Chacun engrange des sensations.
A la fin de la promenade, sur une proposition de Jean-Paul Thibeau : être apprivoisé(e) par un petit animal. Chacun choisit un endroit de nature à côté de l’ancienne église, s’installe confortablement et s’endort ; une petit animal s’approche et s’endort lové contre soi. Peu à peu on se retire du contact de l’animal sans le réveiller et l’on part lentement.
le 14/7/09
Rendez-vous à 9h30 à l’entrée du terrain, l’ancienne église. Le groupe est au complet. Nous répartissons le pique–nique dans les sacs et nous partons sur notre terrain d’expérimentation. Nous avons décidé de descendre jusqu’au bord du Galeizon, chacun à son rythme, solitaire ou en compagnie de l’un ou de l’autre, silencieux ou en conversation, se limitant au tracé du chemin ou explorant quelques sous-bois, promontoires, petits sentiers. Arrivés au bord du Galeizon, un espace construit de terrasses s’offre à notre exploration : vestiges de murs avec escaliers, traces de plantations (un arboretum a été planté sur une partie du terrain il y a quelques années), découverte d’arbres hors du commun et de panneaux de bois-écriteau portant le nom de l’arbre : peinture sur bois avec deux couleurs. Le groupe se disperse dans tous les recoins possibles, explore et joue dans ce royaume végétal, minéral, aquatique.
Au moment du pique-nique, nous nous regroupons, nous échangeons. Chacun s’exprime :
- Catherine : Comment mettre en œuvre un processus pour ouvrir des sentiers qui sillonnent toute la superficie du terrain?
- Marion : Cet environnement est immense, j’ai eu besoin de partir du micro univers d’une flaque d’eau pour ensuite aller vers un espace plus large. Sentiers m’autorise d’aller vers un chemin précurseur qui m’apporte profondément, et je me sens en confiance dans cette autorisation.
- Véronique : Connaître l’histoire du lieu à partir des traces de construction, rencontrer des habitants pour parler du lieu ; valoriser la diversité végétale.
- Marie-Claire : Comment par la pratique du lieu conserver sa singularité?
Joëlle : les traces de l’histoire du lieu permettent-elles une autre entrée dans le lieu ? Rencontrer l’ancien propriétaire, des hommes qui ont un vécu avec le lieu.
- Jean-Paul : En référence au projet du Pré aux ânes, on peut envisager de suivre le parcours de l’âne pour ouvrir des sentiers. Envisager le dégagement de certains espaces pour créer des plateformes d’activités. La proposition de Sentiers permet de traverser des situations que l’on n’aurait pas envisagées.
- Mathias : Comment ouvrir des chemins aux promeneurs pour les amener hors du chemin principal, avec des micro-aménagements ? Une cartographie du territoire pourrait permettre un croisement de pratiques, le terrain devenant un lieu de la communauté. A partir d’une cartographie on peut inventer des règles de jeu, sortes de modes d’exploration du terrain qui suscite le désir du promeneur d’expérimenter lui-même.
Nous prenons le chemin de retour, chacun marche à son rythme. Arrivés à l’ancienne église,nous nous regroupons et chacun s’exprime sur ces deux journées. Globalement se dégage une impression de dilation du temps.
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