Dans le sillage de la pensée de Bernard Glandier

Pour Sentiers, il ne s’agit pas de commémorer la mémoire de Bernard Glandier ou de reconstruire une de ses œuvres, mais plutôt être en écho avec certaines caractéristiques de sa pensée et manière d’être pour ouvrir d’autres voies et perspectives envers la création.

  • Bernard Glandier

C’est ainsi que dans nos fondements s’inscrivent, entre autre :

  • une certaine modération qui accompagne toute prise de décision et tout positionnement, un certain respect du temps nécessaire pour rechercher la qualité de l’instant présent de la relation et l’acte
  • une exigence pour mener à bien l’engagement
  • une forme de modestie qui n’exclut pas une ambition dans le projet
  • la confiance dans le potentiel de chacun
  • une ouverture au monde, à la pluridisciplinarité artistique et scientifique

Les membres fondateurs de l’association Sentiers ont été proches de Bernard Glandier dans son parcours artistique et ont partagé avec lui des moments intenses de la vie.

« L’œuvre de Bernard Glandier a été nourrie de multiples influences. Nous n’en ferons pas ici le décompte. La question est ailleurs: elle interroge les courants avoués ou sous-jacents, problématisés ou implicites qui, aujourd’hui encore, irriguent la scène chorégraphique en Europe. Au coeur de cette scène, l’oeuvre de Bernard Glandier occupe une position singulière. Longtemps compagnon de route de Dominique Bagouet, porteur de cet important héritage, Bernard Glandier a su en garder, bien au-delà des figures de style repérables, les principales valeurs: respect de l’autre en particulier des interprètes (ou des élèves dans le cadre pédagogique). Respect du spectateur aussi: une chorégraphie forte et dense, mais sans « effets » spectaculaires, se refusant à toute entreprise de fascination, a pu constituer (à Alès en particulier) un public, proche du « cercle de connaisseurs »
souhaité par Brecht. De ces spectateurs qui savent apprécier la finesse d’une articulation chorégraphique, l’inattendu d’un geste, l’aura d’une présence.
Et puis l’intérêt de Bernard Glandier pour les autres expressions artistiques, surtout pour la poésie contemporaine dont il était un fervent lecteur. Ouverture au monde, aux cultures multiples. Autant de traits constitutifs. … »

Laurence Louppe, extrait de Bernard Glandier, une danse en archipels in Bernard Glandier, la danse de l’humain, édité par Le Cratère, 2002


Bernard Glandier

Il étudie la danse avec Sylvie Tarraube, Jean Masse et Jacques Garros à Bordeaux ainsi qu’à Mudra, École de Maurice Béjart à Bruxelles.
Dans son parcours artistique, la création chorégraphique, l’interprétation et la pédagogie/ transmission ont été indissociables.

Un chorégraphe

De 1982 à 1993, Bernard Glandier, tout en étant interprète au sein de la compagnie Bagouet, multiplie les créations chorégraphiques avec Zigz (1982), La p’tite danse d’Alice (1985), solo, ainsi que Basse altitude, solo pour Sylvie Giron.
Il chorégraphie un spectacle jeune public en 1989 Le Roi des Bons qui a connu depuis un très grand succès.
En 1990, il chorégraphie Année Lumière pour les six danseurs stagiaires de la Cellule d’Insertion Professionnelle de la Compagnie Bagouet, ainsi que Trois quarts dos, création collective.
En 1992, il crée Étendue, un solo puis en 1993, Sentiers, création pour les six danseurs dans le cadre du Festival International de Montpellier Danse 93.
En 1995, il crée Pouce ! au festival Danse au Coeur à Chartres.
Après ce solo, Bernard Glandier décide de fonder sa propre compagnie Alentours et c’est dans ce cadre qu’il écrit en mars 1995 Azur, pièce pour cinq danseurs.
En 1997, la compagnie Alentours est implantée à Alès et Bernard Glandier devient chorégraphe associé au Cratère théâtre d’Alès, où il créera trois chorégraphies
En 1998, Faits et Gestes…Voir ci-après, qui est composé de cinq pièces.
En 1999 Autre Monde.
En 2000 Nata Lux, dans le cadre du programme Quelques tours de danse dont Bernard Glandier a assuré la direction artistique.

Un interprète

Il fait partie de la Compagnie Bagouet de 1979 à 1983 où il participe aux créations de Dominique Bagouet : Assaï, Le Saut de l’Ange, Jours étranges
En 1984, il rejoint Catherine Diverrès et Bernardo Montet, comme interprète dans Le Rêve d’Hellen Keller. Il est choisi par Susan Buirge pour interpréter Parcelle de Ciel en 1985.
Il réintègre la Compagnie Bagouet en 1986 et participe aux pièces chorégraphiques de Dominique Bagouet : Le Crawl de Lucien, Les Petites Pièces de Berlin, Jours étranges.

Un pédagogue

Au sein de la compagnie Bagouet comme à l’extérieur de celle-ci, il intervient dans de nombreux stages et donne des cours aussi bien auprès des professionnels que des amateurs (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, Théâtre Contemporain de la Danse à Paris, Les Hivernales d’Avignon, Îles de Danse…).
En 1991 il obtient le Diplôme d’État à l’issue de la formation IFEDEM.
Il devient alors co-responsable avec Sylvie Giron du secteur pédagogique créé au sein de la Compagnie Bagouet ainsi que de la Cellule d’Insertion Professionnelle.
Pour l’association Les Carnets Bagouet, il transmet des chorégraphies de Dominique Bagouet après le décès de celui-ci : Deuxième Nonnette des Petites Pièces de Berlin avec les élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, Le saut de l’ange pour le Ballet National Atlantique/Régine Chopinot.
A l’occasion de la diffusion de ses propres chorégraphies, Bernard Glandier mène avec son équipe un véritable travail de sensibilisation auprès des publics et des amateurs de danse. Loin de dissocier la création chorégraphique de l’acte pédagogique, Bernard Glandier a toujours eu le souci d’associer à la diffusion de ses spectacles, des ateliers, des rencontres et des lectures démonstration.

Bernard Glandier est décédé le 7 décembre 2000, à l’âge de 43 ans, des suites de la maladie de
Charcot (Sclérose Latérale Amyotrophique)