Description du projet

D’une rive à l’autre : marcher-danser

En 2019, Sentiers donne une carte blanche à Patricia Ferrara, danseuse et chorégraphe, qui a exploré dans nombreux de ses projets la relation à la nature. C’est en s’appuyant sur ses expérimentations qu’elle propose un projet  en bi nomme avec Christine Jouve, danseuse et chorégraphe, qui, depuis 2004, a participé à diverses activités de Sentiers. Ce duo fait écho à la mémoire des activités de Sentiers sur un territoire rural cévenol et à son ouverture  vers de nouvelles  collaborations artistiques et territoriales.

Note d’intention des artistes

D’une rive à l’autre, marcher-danser
Le projet de collaboration entre les associations Sentiers de Lamelouze et Nature et Patrimoine de Saint Martin Boubaux est un point d’ancrage pour esquisser des intentions artistiques créant des liens, des passages d’une commune à l’autre. Ce projet consiste notamment en la réouverture du sentier conduisant d’un versant de la vallée à l’autre, de l’église de Lamelouze à la cure de Saint Martin de Boubaux en traversant le Galeizon.
Nous souhaitons mettre en relation ce qui nous anime en tant que danseuses en partant du territoire de cette vallée, de ses habitants, de leurs projets et horizons d’attente.

Voyager léger
Je marche, délestée de ce qui viendrait m’encombrer ; dans mes poches ou dans mon sac à dos, rien de superflu. J’organise le nécessaire, m’éloignant de ce qui fait tumulte, prédominance et systèmes de valeurs. Dans les plis de la ruralité, je trace des lignes transverses, trajectoires fluides pour un danseur et un marcheur. Un duo se forme où le danseur accompagne et soutient l’attention du marcheur dans un continuum dedans, dehors. Progressivement, dans l’écoute et la réciprocité peut apparaître entre eux le sentiment de la danse. La marche vient ici soutenir son émergence. Ainsi, d’une trajectoire rectiligne à un déplacement fait de circularités, on passe d’une marche dans le paysage à une danse dans la nature. Me revient alors en mémoire cette phrase affichée dans les ZAD, phrase annonciatrice d’un changement de paradigme : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend ».
Nous nous appliquerons à dénicher ce qui autour de nous et en nous est invisible : mettre au jour un chemin embroussaillé, des danseurs cévenols embusqués, le sentiment de la danse enfouie dans les corps et pour cela, tisser la toile de fond d’une attention solidaire à ce qui est là.

Portrait des danseurs en facilitateurs
Les danseurs viennent soutenir, insuffler, encourager, stimuler, donner un élan et accompagner le sentiment de la danse, à l’orée d’une manifestation formalisée. Ils permettent une bascule, un échange à partir d’expériences qui sont au démarrage de la sensation d’être dans un mouvement dansé. Ainsi, favorisant le peu, l’économie, nous ne cherchons pas à représenter, mais bien à mettre en mouvement par immersion dans le paysage en utilisant le médium de la marche.
Les danseurs donnent des informations tactiles, directionnelles, visuelles, rythmiques et construisent avec les marcheurs un ensemble de relations mouvantes ; marcheurs et danseurs se laissent affecter les uns les autres dans un jeu d’ajustement et d’adaptation.
Il existe un écart entre la familiarité de la promenade, et l’expérience d’un trajet à vivre autrement qui réside en l’invention de décalages qui viennent souligner la proposition. Comment ré-éprouver la marche comme une aventure sur un terrain peut-être connu ? Serait-ce décaler quelque chose pour trouver le sensible, croiser l’étonnement au détour du chemin ? Comment interroger la marche pour en modifier les conditions habituelles ?
Christine Jouve et Patricia Ferrara, danseuses et chorégraphes
Octobre 2018

Parmi les projets de Patricia Ferrara il en est un qui sera un point d’appui pour D’une rive à l’autre : marcher-danser :
Promenades préparées
« Depuis 2002, parallèlement aux pièces créées dans des espaces resserrés et délimités, j’expérimente dans des sites ouverts et naturels une proposition singulière intitulée Promenades préparées, où je chorégraphie un parcours de marche en fonction du lieu où il s’inscrit…
Œuvres in situ, les Promenades préparées engagent en douceur le spectateur-marcheur dans une participation active qui déploie sa conscience du mouvement, de l’instant présent et de ce qui l’entoure.
Le titre Promenades préparées a été choisi en référence au Piano préparé de John Cage. Dans le cas de ces promenades, ce ne sont pas des objets qui viennent modifier le paysage comme c’est le cas pour les sons du piano, mais un ensemble d’outils issus du champ de la danse, des techniques somatiques et de la voix.
Patricia Ferrara

Patricia Ferrara parcours

Christine Jouve parcours

 


Période :
2019

Artistes 
Patricia Ferrara, Christine Jouve

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